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féminisme

  • la goutte qui fait déborder la coupe

    Aujourd'hui j'ai accompagné ma fille aînée chez le coiffeur et tandis que je l'attendais en feuilletant des magazines, je suis tombée sur l'édito du dernier Elle. Alix Girod de l'Ain revenait sur un débat qui a bien secoué le monde féminin il y a une dizaine de jours : celui qui oppose le féminisme à l'écologie, débat lancé par Elisabeth Badinter à l'occasion de la sortie de son dernier bouquin (qu'il faut bien vendre n'est-ce pas).

    Je ne reviendrais pas dessus, des tas de blogs de femmes/mères ayant choisi de se préoccuper du monde qu'elles laisseront à leurs enfants en ont parlé déjà et sans doute bien mieux que moi. J'étais tellement énervée quand Elisabeth Badinter a occupé l'antenne de France-Inter toute une journée pour exposer sa thèse selon laquelle le féminisme reculait parce que l'écologie renvoyait la femme à la maison à cause des couches lavables et de la cuisine bio, que j'ai préféré m'abstenir d'écrire un billet où j'aurais bien pu déverser des tombereaux d'horreurs sur son compte.

     

    Alors pourquoi j'y reviens ? parce que dans cet édito (en ligne ici) je lis:

    "Ça s’appelle une coupe menstruelle. Brrr. Son usage ? Comme diraient les poètes du marketing allusif : « Remplacer ce qui d’ordinaire accompagne les femmes à des périodes particulières de leur vie. » Traduisez par « cycles », vous avez pigé. Là où l’on va encore monter d’un cran dans le glamour, c’est quand je vous aurai expliqué que l’objet, qui « s’ouvre en corolle dans l’intimité » afin de créer un effet « ventouse », miam, est... réutilisable, donc que son heureuse propriétaire doit le vider, le laver et le stériliser toutes les douze heures. (A ce stade de lecture, je ne sais pas où vous en êtes psychologiquement, mais de ce côté-ci de l’écran, croyez-moi, c’est une agonie.) Pourquoi les femmes s’infligeraient-elles un pareil pensum ?"

     

    je tombe des nues.

    D'abord une coupe menstruelle ne se stérilise pas toutes les 12 heures (mais où cette journaliste a-t-elle pêché cette info ? moi je la passe au lave-vaisselle à la fin de mon cycle, quelle corvée en effet !) ensuite je ne vois pas pourquoi une coupe en silicone qui recueille du sang serait plus "Brrrr" qu'un tampon ? est-ce que la journaliste veut dire qu'elle trouve ça "sale" ? en quoi du sang non oxydé (et donc sans odeur) est sale ? surtout si on le compare à des serviettes souillées qui sentent déjà dans les culottes puis qui empestent dans les poubelles.

    Alors oui il faut la vider (en général dans la cuvette des toilettes) mais ce n'est pas pire qu'un tampon qui se balance au bout de sa ficelle et qui va éclabousser les murs (ouiiiii ça m'est déjà arrivé ! grand moment de solitude pipiroomesque) au contraire même ! et pas besoin de la "laver "systématiquement comme indiqué dans cet édito, ni même de la rincer on peut juste l'essuyer avec un peu de papier toilette avant de la replacer (c'est ce que je faisais le midi quand je travaillais)...

    Je ne pensais pas donner ce genre de détails sur ce blog un jour mais sincèrement quand je lis cet édito, je me dis qu'il y a encore du boulot !

     

    Personnellement la mooncup m'a fait accepter à passé 30 ans une particularité féminine que jusque là j'acceptais mal (les règles pour être claire) et que je subissais comme une calamité. L'aspect écolo, à la limite, je m'en fous complètement (même s'il faut l'avouer il est indéniable en matière de réduction des déchets) ce que j'aime c'est que la mooncup je ne la sens absolument pas, elle ne me dessèche pas les muqueuses, elle ne m'échauffe pas l'entrejambe en été lorsqu'il fait chaud, je l'oublie complètement et si bien que je n'ai plus mal au ventre le 1er jour (purée, si c'est pas appréciable, ça !).

    Alors oui il faut mettre les doigts pour l'installer ou la sortir (mais ça ne les salit pas puisqu'on attrape l'extérieur) et il faut au minimum connaître son corps. Est-ce que ce n'est pas une condition pour être féministe justement de vivre en bonne entente avec son corps ?

     

    Mon but n'est pas de convaincre qui que ce soit à ce sujet mais j'en ai plus qu'assez de ces femmes qui parlent à tort et à travers de choses qu'elle ne connaissent absolument pas, qu'elles n'ont pas expérimentées personnellement mais qui se permettent de les dénigrer ! Si j'étais méchante je soupçonnerais la ménopause de les avoir aigries !

     

    NB : et c'est valable pour les couches lavables qui vont dans le lave-linge comme les torchons sans que ce soit un "pensum" et pour les légumes bio qu'on épluche et qu'on fait cuire pour nos enfants en même temps que ceux que l'on prépare pour nous adultes... où est le travail supplémentaire, merde ? Laissez nous vivre comme on veut, si ça vous culpabilise c'est votre affaire.

     

    PS : Karine a écrit un très chouette article ici, avec une photo de "Fleurcup" la 1ère coupe menstruelle de fabrication française