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avis

  • Le Cirque du Soleil : retour vers le futur du passé

     

     

    Une surprise au pied du sapin le 25 décembre dernier, nous a conduit hier au Zénith de Lille pour découvrir le célèbre spectacle Saltimbanco du Cirque du Soleil.

     

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    J'en avais  beaucoup entendu parlé au fil des ans de ce nouveau type de cirque, sans animaux, qui se veut particulièrement poétique... Même si les quelques extraits que j'avais pu en voir à la télévision ne m'avait pas spécialement éblouie, j'y allais en confiance, persuadée que les captures audiovisuelles ne pouvaient pas retransmettre l'ambiance et la magie d'un spectacle.

     

    Nous sommes arrivées avec 20 mn d'avance sur l'heure de début, les gradins étaient déjà presque remplis et j'ai compris pourquoi le Papa (Noël) avait eu beaucoup de mal à trouver 5 places côte à côte. Effectivement ce spectacle marche très bien. Nous étions placés assez haut dans les tribunes et de nos sièges nous pouvions embrasser du regard toute la piste jusqu'à l'orchestre au fond.

     

    Des artistes sont apparus 10 mn plus tard alors que tous les spectateurs n'étaient pas encore arrivés et ont interagi avec les veinards des 1ers rangs, c'était sympa pour faire patienter les enfants et puis ça avait l'air de faire accélérer les derniers arrivés. Toujours est-il qu'à 16h pile le spectacle commençait. Madame "Loyale" qui ne ressemblait à rien de connu a d'abord énoncé les règles d'interdiction de filmer/photographier et d'utiliser les portables, puis a enchainé sur les consignes de sécurité pour évacuer la salle (faut venir de l'autre côté de l'Atlantique pour insister autant là-dessus), j'ai d'abord cru que c'était pour préparer un gag, mais non c'était super sérieux, ils rigolent pas avec ça... pour finalement annoncer... les sponsors ! enfin les "partenaires" ça fait mieux. Vu le prix des billets je me suis demandée pourquoi ils avaient encore besoin d'eux et de me faire subir une page de pub...

     

    Le spectacle a commencé et là j'ai eu l'impression de tomber direct dans la pub "bougez avec la poste".

    (imaginez avec les couleurs d'origines, bien pétantes)

     

    Nan, sérieux, les costumes avec les jupes qui rebiquent, les manches en tissu plissé, les bretelles rouges sur les justaucorps bleu roi qui tiennent un short en satin jaune criard,  tout était très, trop "années 80"... même la façon de se déplacer autour de la piste (merci Philipe Découflé).

    Ma n°2 qui pourtant adore dessiner et abuser de la couleur m'a fait remarquer que le rose fushia avec le jaune bouton d'or et le violet avec l'orange c'était "euh... spécial..."

    Bref j'ai vraiment été surprise de cet esthétisme vieillot pour ne pas dire ringard...

     

    Et la musique, aaah la musique... j'arrêtais pas de penser à ça à cause du synthé (et des solos de sax)

    Il y avait bien une chanteuse qui hululait dans son petit micro casque, le problème c'est qu'elle le faisait dans un charabia incompréhensible, comme les autres personnages d'ailleurs (mais il paraît que c'est une langue propre au cirque du Soleil, t'peux pas comprendre).

    Donc j'ai rien compris.

    Ni au thème général (y en avait-il seulement un) ni à l'histoire (y a un mec qui dort et qui se réveille au début, on le retrouve par moment et puis tout à la fin mais j'ai pas compris ce qu'il apportait au bazar).

     

    Heureusement les numéros de cirque sont pas mal, mais rien d'exceptionnel non plus par rapport à ce que l'on peut voir le samedi soir sur France 2 chez Sébastien.  Exception faite d'un numéro de boleadoras que je n'avais jamais vu et durant lequel les 2 artistes étaient seuls sur la piste et avec juste un  tambour pour rythmer leur prestations.

    La 2ème partie est meilleure avec un très beau numéro de trapèze double et un autre avec élastiques (mais là encore rien de nouveau). Mais en tout, on assiste à quoi, 8 numéros pas plus.

    Ce qui est très dommage c'est que sur la piste, autour des acrobates en action au sol ou aux barres, il y a pléthore de "garçons de piste" mais déguisés de façon assez groteste (voir plus haut) qui gesticulent dans tous les sens, se roulent par terre ainsi que quelques filles qui se tortillent et qui minaudent. Ce groupe détourne l'attention, mais pour rien, parce que ça n'apporte ben... rien justement. Au début je pensais qu'ils faisaient partie du numéro en cours et qu'ils allaient intervenir, peut-être par surprise... ben non, ils font juste les andouilles sur le bord, façon "ma vie chez les botes"

     

    (Ah tu te souviens, comme on avait envie de les baffer ?)

    Parce qu'en plus ils avaient des sales tronches les zinzins du bord de piste... heureusement pour la fin du spectacle tout se passe en l'air et on ne voit plus les affreux. Pour rester sur une bonne impression peut-être ?

     

    Aujourd'hui en cherchant un peu, j'ai découvert que le Cirque du Soleil avait créé plusieurs spectacles différents, que plusieurs troupes tournaient dans le monde simultanément et que ce spectacle-là, Saltimbanco, avait été créé en 1992. Alors ça explique peut-être cette impression étrange de retour vers le passé du futur  ou plutôt le futur du passé (comme quand tu revois un vieux Mad Max).

    Au fait, 1992, ça ne vous dit rien ? Albertville, les J.O. :

     

     

    Tout était déjà là...  mais épuré, bien moins clinquant je trouve. Je ne dis pas que tout a été pompé à Philippe Decouflé, mais quand-même...

     

    Alors je ne sais pas si je suis mauvais public, ou si j'ai une mémoire trop sélective ou si je suis de plus en plus blasée, mais ce n'est pas un spectacle que je recommanderai particulièrement, surtout vu le prix du billet (qui auraient dû être soldé).  J'aurais même préféré les numéros bruts qui sont  pour la plupart très bons, même si pas nouveaux, sans tout ce decorum dépassé.

    Sinon il sera à Paris les prochains jours, à Bercy.